Tout au long de l'histoire, les inondations se sont montrées les plus meurtrières des catastrophes naturelles. Le caractère mortel des inondations est avant tout dû à la concentration de la population humaine à proximité des rivières et dans les zones côtières. Ces zones fournissent les ressources nécessaires à l'agriculture, aux transports, à l'industrie. Ce n’est donc pas un hasard si toutes les anciennes civilisations se sont bâties près des rivières (World Meteorological Organization, p.14). Les inondations catastrophiques provoquées par des événements météorologiques et hydrologiques variés, tels que des ouragans, des cyclones, des vents forts, des précipitations prolongées ou intenses, ont fait les gros titres de l'actualité du monde entier au siècle dernier. Ceci, combiné au fait que les “moyens d'existence d'une part importante de la population mondiale dépendent, directement et indirectement, d’un certain nombre de ressources naturelles généralement fournies par les zones inondables ainsi que des revenus générés” par ces zones, signifie que les inondations continuent à être la cause de souffrances indescriptibles et de la perte toujours en augmentation de biens, de vies et de ressources naturelles (World Meteorological Organization, p.14).
Avec la pression toujours plus forte exercée sur les zones inondables par les populations humaines et les activités agricoles et industrielles en expansion, l'approche pratiquée dans le passé consistant à gérer les inondations à l'échelle locale et au coup par coup devient moins efficace et de coût plus prohibitif. De plus, avec les progrès réalisés dans l'étude et la compréhension des processus impliqués dans les inondations ainsi que l'inquiétude grandissante à propos de la mauvaise gestion des ressources naturelles dans les zones inondables, la gestion des inondations est abordée dans une perspective plus régionale, nationale et même internationale.
Une approche plus holistique de la gestion des inondations est préconisée par nombre d'agences nationales et internationales. Cette gestion devrait couvrir la planification et les actions par les autorités locales, régionales et nationales avant, pendant et après l'inondation. Toute décision qui influence un bassin hydrologique doit être prise en compte au moment de la planification de la gestion de l'inondation, ainsi même que la façon dont ces décisions vont influencer la zone environnante (World Meteorological Organization, p.15).
Avec une telle approche néanmoins, surgit le problème de gérer de tels plans et d'implémenter les directives qui affecteront la vie des personnes vivant dans ces régions.
La gestion intégrée des inondations (IMF en anglais, pour Integrated Flood Management), selon la définition de World Meteorological Organization (WMO), intègre le développement des ressources terrestres et hydrologiques dans un bassin fluvial avec le but d'optimiser l'utilisation des zones inondables et de minimiser les pertes en vies et en biens matériels (World Meteorological Organization, p.4). Ce processus encourage la participation des utilisateurs, des planificateurs et des décideurs à tous les niveaux. L’approche doit être ouverte, transparente, globale et communicative, décentralisant la prise de décisions et incluant la consultation publique des parties prenantes dans le planning et l’implémentation.
Nous allons examiner rapidement les directives et les plans de management concernant les inondations, adoptés par deux pays différents.
Ce pays développé s'est concentré sur la prévention des inondations en usant de digues et d’autres structures. Après chaque inondation, les digues ont été érigées et, si nécessaire, les investissements dans ces zones ont été augmentés. A la suite d'une inondation importante venant de la Mer du Nord en 1953 qui a provoqué la mort de plus de 1800 personnes, les mesures prises et les constructions spécifiques aux inondations ont eu l’obligation légale de “résister à des niveaux d’eau associés à des débits exceptionnels ayant un temps de récurrence de 1250 ans” (De Bruijn, p.1). Les mesures prises dans une zone quelconque étaient habituellement fixées en fonction du risque d'inondation dans cette zone et l'évitement total de tout événement d'inondation. Le risque d'inondation était réévalué tous les 5 ans. Toutefois, comme souligné dans l'article intitulé Resilient Flood Risk Management Strategies, cette politique avait plusieurs inconvénients et devrait maintenant évoluer vers des mesures plus résilientes de gestion des risques liés aux inondations.
Les projets actuels pour les inondations exigent le même niveau de protection pour différentes zones à l'intérieur du pays. Ainsi les villes et les réserves agricoles et naturelles sont toutes protégées au même degré, ce qui résulte en un investissement économique considérable sans lien avec les conséquences d’éventuelles inondations pour ces différentes zones. De plus, puisque la plupart des efforts se concentrent sur la prévention des inondations, la possibilité d'une inondation elle-même n'a peut-être pas été considérée assez sérieusement, ni les projets requis pour y faire face. Ceci pourrait aussi provoquer un sentiment illusoire de sécurité dans la population, un sentiment qui pourrait être démenti par les changements climatiques à l'échelle globale. Les contraintes placées sur les réseaux fluviaux avec l'utilisation des digues et la modification des écoulements ont aussi conduit à une augmentation progressive du niveau des zones inondables étroites, ce qui nécessite la relève de la hauteur des digues de protection.
Plutôt que de se concentrer seulement sur la prévention des inondations, une gestion résiliente des risques d’inondation est préconisée. Dans cette proposition, la résilience devrait être incorporée dans le plan de gestion des inondations, de sorte que le système soit capable de “revenir à une sitation normale après l'inondation d'une partie de la zone provoquée par une crue exceptionnelle”. L'effort devrait être mis sur la planification de réduction des impacts des inondations dans une zone et l’accélération du processus de redressement. Les impacts pourraient être réduits grâce à l'utilisation de systèmes d’alerte, de plans d’évacuation, d’une meilleure planification spatiale et de la déviation des eaux d'inondation. Les plans d'action seront redéfinis pour “vivre avec les inondations” (De Bruijn, pp. 4&5).
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Comme dans le cas des Pays-Bas, les actions principales prises à la Nouvelle-Orléans l’ont été dans le cadre de la prévention des inondations. Un système important de digues, de chaussées et d'écluses a été construit pendant les dernières décennies; surtout à la suite d'inondations. Les projets se sont tous concentrés sur la prévention de futures inondations; néanmoins, chaque événement était suivi d’années d’auto-satisfaction et de négligence, jusqu'à l'inondation suivante. Le gouvernement fédéral a fait passer le National Flood Insurance Program en 1968 comme un outil de financement de la reconstruction et du redressement après une inondation, mais tous les citoyens de la Nouvelle-Orléans n'étaient pas couverts par ce programme. De plus, en aucun cas ce programme n'aurait pu couvrir tous les coûts subis.
Un autre fait à prendre en compte est que le risque d'inondation à la Nouvelle-Orléans augmente du fait de la montée récente du niveau des mers résultant des changements climatiques, ainsi que du nombre croissant des ouragans dans le bassin Atlantique, tout spécialement dans et autour du Golfe du Mexique (Gross, p. 4). De plus, la Nouvelle-Orléans est située sur “des sédiments récents de delta” si bien que la zone s'affaisse à des “vitesses rapides à l'échelle géologique” (Grossi, p. 3).
Une récente découverte d’importance est que les “personnes soucieuses de la possibilité de vendre leur propriété et les politiciens qui concentrent leurs efforts sur le besoin de soutenir les investissements entrants préfèreront que l’information sur les niveaux croissants de risques ne soit pas rendue publique” (Grossi, p.4), ce qui est une mentalité très difficile à renverser. Le risque croissant d’inondation à la Nouvelle-Orléans est un fait dont la région doit être consciente, mais à en juger par les récits individuels des efforts de reconstruction qui sont faits dans cette zone, ces risques ne sont pas suffisamment abordés. A la paroisse St. Bernard, qui a été l’une des zones les plus sévèrement touchées pendant l’ouragan Katrina, les habitants reconstruisent sur les mêmes sites que ceux où étaient leurs maisons avant qu'elles ne soient balayées par l'ouragan Katrina. Il faudra que les agences de management fédérales, de l'Etat et locales ainsi que les habitants locaux fassent preuve de zèle pour s'assurer que les vrais risques d'inondation soient connus.
Recommandations de l'auteur
Avec les avancées dans la compréhension scientifique et l'analyse quantitative des inondations, la gestion de ces inondations doit englober plus d'aspects dans la planification et prendre en compte les effets d'une composante sur l'autre. La planification pour les cas d'inondation devrait aussi inclure toutes les parties intéressées, et les décisions ne devraient pas être prises uniquement de la base vers le sommet ni du sommet vers la base. Les plans devraient prendre en compte les conditions régissant la région ou le bassin hydrologique complet. Ils devraient devraient également adresser le contexte social, religieux et économique à l'échelle locale et régionale, de façon à ce que les résidents locaux acceptent et soutiennent tout plan de développement. Pour finir, ces plans nécessitent d'être suivis et mis à jour pour refléter les évolutions du management des inondations.
Références
Al Barwani, Ahmed Said. “County Paper: Oman - Innovative Strategies for Effective Flood Management.” United Nations Economic and Social Commission for Asia and the Pacific. United Nations, 23 July 2009. Web. 5 Dec. 2010 UNESCAP.org
Oman-Ahmed-Said-Al-Barwani-country-paper-Oman-final.pdf>. Expert Group Meeting on Innovative Strategies for Urban Flood Management Considering Climate Change in Pacific-Asia
De Bruijn, Karin M., and Frans Klijn. “Resilient Flood Risk Management Strategies.” International Association of Hydro-Environment Engineering and Research. The International Association of Hydro-Environment Engineering and Research, n.d. Web. 5 Nov. 2010. IAHR.org
Grossi, Patricia, and Robert Muir-Wood. “Flood Risk in New Orleans.” RMS. Risk Management Solutions, Inc, 2006. Web. 8 Nov. 2010 RMS
Jones,, Joseph L., and Janice M. Fulford. “NEAR-REAL-TIME FLOOD MODELING AND MAPPING FOR THE INTERNET.” The USGS Surface Water Quality and Flow Modeling Interest Group. Proceedings of the Second Federal Interagency Hydrologic Modeling Conference, 1 Aug. 2002. Web. 4 Dec. 2010 SMIG.gov
World Meteorological Organization. “Integrated Flood Management Concept Paper.” Associatred Programme on Flood Management. World Meteorological Organization, 2009. Web. 11 Oct. 2010. WMO No. 1047 APFM.info
IEDRO ajoute un nouvel objectif à nos activités pour nos cinq prochaines années – sensibiliser le monde à l'importance cruciale de la sauvegarder des archives de météorologie. Egalement, et c’est tout aussi important, nous formerons les agences à travers le monde sur la façon d’utiliser ces informations précieuses, qui sauvent des vies, pour améliorer et protéger des vies.
En plus de localiser, scanner et numériser les archives qui ont été citées dans des histoires récemment diffusées par plusieurs journaux nationaux et internationaux y compris le Baltimore Sun, le Chicago Tribune, USA Today et le Oman Tribune, IEDRO élargit notre tâche de diffuser l'information non seulement sur les raisons pour lesquelles ces données sont si cruciales pour la sécurité et la santé de tous, mais aussi sur des applications spécifiques de ces données anciennes qui permettraient d'atténuer nombre de ces problèmes auxquels est confrontée l'humanité, tels que les inondations, les sécheresses, la famine et la propagation des maladies.
Références
"Old Ship Logs Fill in Weather History of Past 250 Years" par Doyle Rice, USA Today. 26 novembre 2010 USA Today
"Volunteers Around World Putting Old Weather Data Online: Moldering Records Being Digitized in Maryland" par Frank Roylance, Baltimore Sun, 3 janvier 2011: Baltimore Sun
"Volunteers around world putting old weather data online: Moldering records being digitized in Maryland," Chicago Tribune, 3 janvier 2011. Chicago Tribune
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